Les stocks dormants : et si la matière précédait le dessin ?

Les stocks dormants : et si la matière précédait le dessin ?

Avant de créer, nous avons regardé ce qui existait déjà.

Pour cette première capsule, nous avons fait un choix : 100 % stock dormant.

Avant de devenir un vêtement, un tissu a déjà une histoire.

Des matières premières ont été extraites pour produire des fibres. De l’eau et de l’énergie ont été utilisées. Le tissu a été filé, tissé ou tricoté, teint, fini et transporté. Et parfois, il reste là : dans un entrepôt, chez un fabricant ou dans les stocks d’une maison.

Une matière parfaitement utilisable, mais qui n’a finalement pas trouvé de destination. Il peut s’agir de tissus fabriqués en quantité supérieure à la commande, de commandes annulées, de fins de collections ou encore de stocks qui ne correspondent plus aux besoins d’une marque.

C’est ce que l’on appelle du DEADSTOCK ou STOCK DORMANT.

Pourquoi autant de matières restent-elles inutilisées ?

Parce que l’industrie textile fonctionne en grande partie sur l’anticipation.

Les fabricants produisent avant que les vêtements existent. Les marques doivent prévoir leurs besoins, leurs volumes, leurs collections et parfois même plusieurs saisons à l’avance. Mais les prévisions ne sont jamais parfaites, d’autant plus, si elles sont indexées sur les tendances.

Une commande peut être annulée ou la collection peut changer parce qu'une couleur n'est plus retenue par exemple.

La matière, elle, reste.

Nouvelle matière ou matière déjà produite ?

Il nous semble essentiel d’apporter la précision suivante : Utiliser un deadstock ne supprime pas l’impact environnemental de sa production initiale. Le tissu a déjà nécessité des ressources pour exister. Mais lorsqu’un tissu disponible est utilisé pour créer un nouveau vêtement, on peut éviter de produire une nouvelle matière pour ce vêtement.

C’est là que se trouve son intérêt.

Schéma comparant la fabrication d'un vêtement à partir d'un tissu neuf (8 étapes, des matières premières à la confection) et à partir d'un tissu existant en stock dormant (5 étapes)

Chez Copain.e, nous aimons partir de ce qui existe déjà.

Le deadstock peut parfois devenir le point de départ d’une pièce : un tissu découvert pour sa matière, sa composition rare, son tombé, sa couleur ou sa construction ... Ensuite, la manière dont le vêtement sera imaginé prend forme.

Cela change le processus créatif : la matière ne vient plus simplement répondre à un dessin, elle peut aussi être à l’origine de celui-ci. Elle existe avant même que le dessin ne prenne forme. Elle peut suggérer une silhouette, une construction ou une façon particulière de porter un vêtement.

Toutefois, le deadstock est, par définition, disponible en quantité limitée. Il n’est donc pas toujours possible de produire des centaines de pièces dans un même tissu, ni de garantir qu’une matière sera encore disponible dans quelques mois. C’est aussi ce qui explique pourquoi certaines pièces Copain.e sont produites en série limitée et sont uniques.

Plutôt que de considérer cette contrainte comme un problème, nous choisissons de l’intégrer à notre manière de créer : la série limitée n’est donc pas une manière de rendre une pièce plus exclusive, elle est la conséquence directe d’une matière disponible en quantité limitée, et d’une volonté de produire au plus près de ce qui existe réellement.

Une création qui accepte les contraintes car créer à partir de deadstock demande aussi d’accepter de ne pas tout contrôler puisqu'une matière peut ne plus être disponible ou une couleur peut ne jamais être reproduite. Une série peut rester volontairement petite.

Ces contraintes ouvrent aussi un espace créatif différent : celui d’une mode qui ne cherche pas systématiquement à reproduire à l’infini !

Chez Copain.e, le vêtement se construit alors à la rencontre de trois choses : une matière existante, une idée et la quantité réellement disponible. Et parfois, c’est précisément cette limite qui donne à une pièce sa singularité.

L’impact des tissus de notre capsule en chiffres :

Pour cette collection, La Belle Empreinte compare l’impact de nos matières en deadstock avec celui d’une matière nouvellement produite.

Les résultats sont parlants :

Résultats de La Belle Empreinte : en moyenne -98,5 % d'empreinte carbone et -99 % d'eau consommée pour nos matières en stock dormant, par rapport à des matières neuves

Pour chaque typologie de matière, le cycle de vie est analysé.

Cette première analyse porte sur l’empreinte environnementale de la matière neuve, depuis l’extraction des matières premières jusqu’au tissu, autrement dit, du champ à la matière.

Elle prend en compte l’origine des matières, les mix énergétiques des pays impliqués ainsi que le transport entre chaque étape de fabrication : extraction, filature, tissage ou tricotage, teinture et finitions.

Chez Copain.e, pour cette première capsule, nous avons fait un choix : 100 % stock dormant.

La matière était là. Il restait à imaginer ce qu’elle pouvait devenir.

Découvrir les matières de notre première capsule →